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Echanger autrement. Depuis 23 ans, la coopérative Andine travaille pour une économie équitable, respectueuse des hommes et de la nature.

Une démarche pour une économie équitable

Une économie équitable ? C’est une démarche, des métiers, des propositions...

Avant et pendant la création en 1987 de nos deux entreprises, Interexpress (Colombie) et Andines (France), nous avions commencé avec nos partenaires à définir ce que signifiait pour nous "l’équité" dans nos échanges, ce que nous avons appelé ensuite, en 1989, « commerce équitable ».

En 2009, nous avons dû requalifier notre travail : " vers une économie équitable". Etant donnée la récupération des mots "commerce équitable" par le néolibéralisme (grande distribution, multinationales, avec à l’appui leurs Ong, comme Max Havelaar, qui s’est fait passer pour un label).

Pour nous, il s’agit en fait d’appliquer le maximum de démocratie, de respect mutuel et de justice économique à la fois au sein de nos entreprises et dans toutes les transactions commerciales avec nos partenaires, tant en aval (producteurs, prestataires de services) qu’en amont (distributeurs, clients). Et cela de manière universelle, partout, du nord au sud de la planète.

Nous avons également commencé à étudier la question de l’équité dans les échanges économiques au travers de l’histoire, apprenant que cette pratique était aussi vieille que le commerce. Aristote en parlait déjà il y a 23 siècle... (dans "Ethique à Nicomaque").

Nous nous sommes donc aussi inspirés de ces nombreuses pratiques socio-économiques passées* (associativistes, communautaires, coopérativistes, informelles, etc.), y compris au niveau international. Le « commerce équitable » ou "l’économie équitable", ne sont pas une invention du XXème siècle mais une démarche qui existe depuis qu’il y a des échanges entre les hommes ...

Dés le départ nous avons compris que ce "commerce équitable" était une activité économique et professionnelle à part entière, en tant qu’alternative au commerce libéral. Ainsi, "l’équité pour tous" exclue toute discrimination de territoire, de sexe, d’âge, de races, de convictions... Nous désirions échanger avec des travailleurs d’Amérique du Sud mais aussi avec des producteurs européens. Nous travaillons de la même manière avec nos partenaires français ou européens (producteurs, transporteurs, prestataires, magasins, collectivités, etc).

Cela n’a donc rien à voir avec une démarche caritative ou paternaliste « Nord Sud ». Bien au contraire, il s’agit de travailler ensemble, d’échanger sur un pied d’égalité, de coopérer ! Cette coopération se base, économiquement et au maximum des possibilités, sur un dialogue permanent et sur une répartition équitable des richesses et de la valeur ajoutée créées par et pour tous les opérateurs à chaque étape des filières (du producteur au client final).

Cette démarche vers une économie équitable en tant que filière est définie de manière évolutive et collective par tous ses acteurs directs (en premier lieu le producteur, le commerçant et le client final) mais aussi au travers d’un large débat citoyen, public et permanent, mené sur une base démocratique et laïque, par la société civile (professionnelle, syndicale et associative). Nous pensons aussi que cette démarche de "commerce équitable", pour une "économie équitable", en tant qu’exigence d’équité et de régulation dans les transactions commerciales, est un véritable enjeu de société, qui nécessite un cadre réglementaire public international.

Désirant aussi intégrer dés le départ une dimension solidaire à notre démarche professionnelle, l’un de nos premiers critères d’action fut de donner la priorité à des partenaires en difficulté et de créer des emplois - nous mêmes étions chômeurs -, tant en Colombie et en Amérique du Sud qu’en Europe. Dans un pays comme la France, qui compte plus de 3 millions de chômeurs, une démarche d’équité se doit d’inclure la lutte contre toute forme d’exclusion et donc la création d’emplois, ainsi que des partenariats de proximité (producteurs / travailleurs européens en difficulté).

Dès sa création, la société Andines a élaboré avec ses premiers partenaires (colombiens) une Charte d’Entreprise qui définissait ses valeurs et ses principaux engagements. Cette charte a été au fil des années modifiée, enrichie, grâce au débat permanent avec nos partenaires mais aussi de nombreux autres citoyens et au travail fait au sein du réseau MINGA, dont Andines est l’un des membres.

La base de cette charte est "l’équité pour tous", sans discrimination de territoire, de sexe, d’âge, de races, de convictions... Un autre objectif aussi important est le développement local et global durable : pratiquer un commerce équitable au maximum du possible, autant que faire se peut, n’est pas du tout « faire du commerce pour faire du commerce », ni « donner accés aux petits producteurs du Sud ( ?) au marché international » ou « encourager les consommateurs du Nord ( ?) à consommer de plus en plus », bien au contraire, il s’agit de rechercher tout simplement le bien-être et l’autonomie socio-économique et politique des populations, dont nous faisons partie. Cela signifie penser et construire de nouveaux modes de production mais aussi de répartition / distribution... dans le respect des hommes et de la planète.

Que le travail de « petits producteurs défavorisés » ou des « acteurs du commerce équitable » soit utilisé comme cache-sexe de l’exploitation néo-libérale ou comme argument de marketing caritatif au profit de certaines institutions, d’entreprises transnationales et de la grande distribution prédatrice, cela nous est insupportable, à nous tous, producteurs, commerçants et consommateurs ! Mais ce détournement de l’équité dans les échanges fait partie des difficultés que nous avons à surmonter tous ensemble, et nous sommes très nombreux !

Si tout cela vous interpelle, n’hésitez pas à nous contacter : andines@nnx.com