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Les huîtres sont à 50% triploïdes...

Depuis 1996, une nouvelle variété d’huître creuse génétiquement modifiée — qui n’est pas un OGM au sens strict de la définition, car résultant d’une manipulation du nombre de chromosomes et non des gènes les composant — a fait son apparition, l’huître creuse dite triploïde ; elle est commercialisée depuis le début des années 2000. Créée à l’initiative de l’Institut public français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), elle présente la particularité de posséder trois jeux de chromosomes, au lieu de deux dans les formes naturelles.

On la surnomme l’huître « de Quatre saisons » car, stérile et incapable de se reproduire, elle n’est plus « laiteuse » en été et est par conséquent commercialisable toute l’année. Par ailleurs, n’ayant d’ailleurs plus à dépenser d’énergie pour assurer son cycle reproductif, elle se développe plus rapidement que sa congénère non modifiée, ce qui présente un intérêt économique certain pour les producteurs9.

En 2001, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) n’a émis aucune objection à sa commercialisation, semblant assurée de son innocuité pour les consommateurs10. Dans le commerce, aucune mention particulière ne permet toutefois de la distinguer des variétés traditionnelles non génétiquement modifiées.
Ces huîtres triploïdes ont été créées à la suite d’une demande spécifique des ostréiculteurs et ne sont pas sans conséquence sur le patrimoine biologique. Elles posent aussi des problèmes plus éthiques sur les modifications génétiques des aliments et sur la transparence de l’information des consommateurs.

Constituant une part significative de la production française, y compris en haut de gamme, les huîtres triploïdes peuvent éventuellement être reconnues grâce à leur talon relativement plus relevé et à la forme ventrue de la coquille11. Cependant il existe une grande variabilité morphologique chez l’huître creuse, en particulier selon la méthode d’élevage.