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Echanger autrement. Depuis 23 ans, la coopérative Andine travaille pour une économie équitable, respectueuse des hommes et de la nature.

Il y a 30 ans... s’est créée ANDINES !

Andines est une Coopérative (Loi 47), auto-gérée sur le principe "un(e) sociétaire = une voix" dans les décisions. Son activité est principalement "commerciale" mais son engagement depuis le départ pour plus d’équité dans la production et les échanges économiques, tant locaux qu’internationaux, a engendré de nombreuses autres activités.

Son projet est né en 1987à Bogotà , capitale de la Colombie, au travers de discussions entre quelques français vivant de manière précaire dans ce pays et des artisans, agriculteurs et autres travailleurs colombiens également en situation de précarité permanente.

La conclusion de ces discussions fut qu’il ne pouvait y avoir de justice sociale sans justice économique et que pour faire reculer la précarité il fallait prendre nos affaires en main, notamment sur le plan économique.
Les quartiers de Ciudad Bolivar, où sont nées Interexpress et Andines
Pourquoi ne pas créer deux entreprises, l’une en Colombie, l’autre en France, pour commercialiser des produits de telle manière que les travailleurs, producteurs de produits ou de services, puissent vivre le plus correctement possible de leur travail, en Colombie comme en France ? A peine ce rêve a-t-il émergé que, nécessité et convictions obligent, nous avons cherché, ensemble, à le réaliser...

Passons sur les nombreuses péripéties, difficultés et plaisirs d’une telle aventure... tant en Colombie qu’en France.

Avant et pendant la création en 1987 de ces deux entreprises, Interexpress à Bogotà et Andines à Paris, nous avons défini ce qu’était pour nous "l’équité dans les échanges" : le maximum de respect et de justice économique, non seulement au sein de nos entreprises mais aussi dans toutes les transactions commerciales entre partenaires, tant en aval (fournisseurs de produits et de services) qu’en amont (prestataires, sociétaires, clients). De plus, nous décidions de donner la priorité à des partenaires en difficulté et de créer des emplois, tant en Amérique du Sud qu’en Europe, et enfin de mener nos activités de production et de distribution en respectant au maximum les éco-systèmes....

Nous savions que fonder une société non pas sur la recherche du profit individuel ou corporatiste mais à la fois sur la viabilité et sur des valeurs sociales équitables et solidaires n’était pas une initiative nouvelle. Fort heureusement, et contrairement au marketing d’un certain "commerce équitable" aujourd’hui en vogue, marchandisé par quelques multinationales et la grande distribution, cette exigence d’équité dans les échanges humains est vieille comme le monde ! Le philosophe grec Aristote, il y a 23 siècles, n’a-t-il pas déjà cherché à définir l’équité dans les échanges économiques dans son livre "Ethique à Nicomaque" ?

L’histoire humaine jusqu’à aujourd’hui est faite d’une multitude de pratiques socio-économiques de ce genre.

Dès notre création, nous avons créé une Charte d’Entreprises qui définissait nos valeurs et nos engagements. Quant à garantir le respect de ces engagements, nous n’avons rien trouvé d’autre que la transparence totale de nos activités, pour quiconque, impliqué ou non dans nos filières de production et de distribution. Y compris l’honnêteté d’affirmer que dans une société mondiale de plus en plus inéquitable, l’équité ne peut être qu’une démarche humainement passionnante mais très difficile. Elle ne peut être qu’un objectif vers lequel tendre au maximum, elle ne peut être qu’un combat et un travail au quotidien. Affirmer qu’elle peut exister aujourd’hui en tant que telle (tout comme "un prix juste" !) n’est que propagande et marketing...

Bien que nos engagements aient été considérés à l’époque par nos entourages (et les banques !) comme un pari généreux et sympathique mais utopique et perdu d’avance, nos deux entreprises ont pu se développer peu à peu, sans aucun prêt bancaire ni subvention, grâce au travail de leurs salariés et à l’enthousiasme de quelques amis et citoyens qui ont participé eux aussi à cette initiative en apportant leurs conseils, leur soutien, leur épargne, soit sous forme de paticipation financière soit sous forme de prêts personnels ou collectifs, ou de coups de mains.

Andines aujourd’hui ...

28 ans après, Andines existe toujours ! Et d’autres structures ont pu être créées dans d’autres pays, y compris européens, sur la base d’un engagement "d’équité partout et pour tous", sans discrimination de territoire, de sexe, d’âge, de races, de convictions...

Quant à Andines, elle est aussi toujours en pleine activité professionnelle...
création et suivi de filières, importation et distribution des produits et services, etc. Elle emploie aujourd’hui 3 salariés et est constituée de 28 coopérateurs : les 3 salariés et 25 personnes physiques ou morales (associations). Sans la mobilisation de nombreux amis et de nombreux clients, Andines n’aurait pu poursuivre son développement, un développement toujours difficile pour des raisons de fonds de roulement insuffisant.

Andines, c’est aussi un réseau de 200 groupes de producteurs, et autant de collaborateurs, de clients et d’amis... pour un chiffre d’affaire qui vise le million d’euros. C’est aussi des centaines d’emplois maintenus ou créés, en France et dans les 13 pays où travaillent nos fournisseurs, dont la France. Les ventes d’Andines correspondent à environ 150 emplois à plein temps. Grâce aux efforts de tous, Andines est donc dorénavant ancrée dans un large réseau professionnel et solidaire.

Nous avons d’emblée choisi le statut entrepreneurial - et non pas associatif - tout simplement parce que les producteurs colombiens et nous-mêmes voulions une relation économique équitable et créer nos propres emplois. Nous désirions aussi entretenir des relations fraternelles de travail, les plus professionnelles et égalitaires possible, indépendantes de tout pouvoir financier, politique ou confessionnel. Sans l’ambiguïté de "l’aide" dans son sens paternaliste, caritatif ou politique.