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Echanger autrement. Depuis 23 ans, la coopérative Andine travaille pour une économie équitable, respectueuse des hommes et de la nature.

Equité et transparence...

La transparence maximum et publique de son activité est parmi les engagements essentiels de toutes structures, entreprises ou associations qui promettent ou promeuvent l’équité dans leurs échanges commerciaux (économie sociale et solidaire, commerce équitable, développement durable, etc).

La loi (Code de la Consommation), les oblige á cette transparence et sanctionne toute publicité trompeuse et mensongère (http://sos-net.eu.org/conso/code/infodat1i.htm).

Si cette information, concrète, notamment sur les filières (provenance du produit, décomposition de son prix tout le long de la filière, etc) n’est pas accessible (site internet, fiches, réponse écrite à toute question, etc), il est tout à fait légitime de se questionner sur l’honnêteté de la structure qui fait ce type de publicité.

Il en va de la responsabilité de ces tructures mais aussi de tout citoyen ou client, qui doit exiger cette transparence, pour s’assurer de la véracité des affirmations et surtout pour apprendre comment fonctionnent ces démarches socio-économiques, et la société...

Exiger que toute promesse soit tenue est aujourd’hui d’autant plus nécessaire que le dit "commerce équitable", tout comme le "développement durable", la "bio", etc, transformés en "modes" trés lucratives, sont devenus de nouvelles niches à profits...et à mensonges. Par exemple, contrairement à certaines publicités, en partie subventionnées par le gouvernement français et la Communauté européenne (plusieurs millions d’euros !) , et aussi malheureusement contrairement à de nombreux articles de presse, il n’existe à ce jour aucun "label" en ce qui concerne un commerce équitable... Cette publicité mensongère en cache souvent beaucoup d’autres et, outil de concurrences déloyales, a de graves conséquences commerciales et financières, et donc sociales et économiques, pour les autres entreprises qui, partout dans le monde, pratiquent l’équité sans accepter ces faux label et mensonges.

Par ailleurs, de plus en plus d’entreprises (notamment de nombreux sites internet et les enseignes de la Grande distribution) se vantent de "commerce équitable" mais sans aucune démonstration de la véracité de leurs affirmations. Ces entreprises ne recherchent en fait que "des parts de marchés"...

Quelles pratiques réelles, concrètes, y-a-t-il derrière ce marketing, ces produits, ces logos, ces slogans, ces chartes de bonnes intentions et autres discours ?

Il ne s’agit pas ici de polémiquer ou de critiquer pour critiquer, mais bien de pouvoir analyser les réalités pour assumer nos responsabilités de citoyens et changer cette société consumériste et prédatrice ! Et de constater que nul autre moyen que la transparence concrète et complète des filières peut expliquer les engagements à un maximum d’équité entre les hommes et avec la nature.

Cette équité dans les échanges n’est fort heureusement pas née d’hier ( !) mais elle est pratiquée depuis plusieurs millénaires. Elle ne peut être aujourd’hui qu’une démarche, difficile et complexe, dans une économie de plus en plus inéquitable, qui ne parle que de "bas prix", ce qui veut dire basse rémunération des travailleurs, produits de mauvaise qualité, conséquences écologiques désastreuses, etc.

Sans la transparence, tous les abus sont possibles. Par exemple certaines marques ou certifications parlent de "contrôle à toutes les étapes des filières", mais la réalité est que dans la plupart des cas les rapports suite à ces dits "contrôles" sont "non accessibles au public". Par ailleurs il ne s’agit bien souvent que d´aspects quantitatifs et non pas qualitatifs (conditions de travail, respect de l’environnement...). Par exemple, le producteur de la matière première peut être payé un peu plus que dans une autre filière similaire mais les autres travailleurs de cette filière peuvent être traités de la pire manière. C’est le cas de nombreux marins, transporteurs, ouvriers dans la tranformation, magasiniers ou caissières de grandes surface. Un autre exemple : un fruit peut être "bio" mais anti-écologique s’il provient de trés loin...

La vérité sur les transactions commerciales nous permet donc, à nous tous, les citoyens, non seulement de s’informer, mais aussi d’assumer nos responsabilités, de comprendre comment fonctionne l’économie, d’ améliorer nos pratiques tous les jours, et de participer de manière active à cette démarche citoyenne d’appropriation de notre vie économique collective.

Cette transparence touche tous les domaines d’activités : ressources financières (privées ou publiques), décomposition des marges et des prix d’une filière, budgets détaillés, résultats obtenus, origines des produits et services, information sur les différents opérateurs commerciaux des filières, salaires, etc.

Le Systeme d’ analyse des filieres (SAF), de Minga, est un outil citoyen pour évaluer la démarche d’équité dans nos filières, de la production à l’achat final, pour l’analyser et l’améliorer. C’est aussi un formidable outil d’éducation populaire, sur la base de la transparence des pratiques. Pour que les citoyens, réduits à des "consommateurs" à "pouvoir d’achat"..., se réapproprient leur vie économique, dont ils sont de plus en plus dépossédés. Si cette démarche vous interresse et que vous désirez y participer, n’hésitez pas à nous contacter :

http://www.minga.net/
N’hésitez pas à nous questionner, à apporter vos suggestions, à nous aider à améliorer nos pratiques professionnelles en envoyant vos messages à l’adresse ci-dessous. MERCI.

ANDINES !
andines@nnx.com